Démarche artistique
C’est à Sheila Hicks qu’a été confiée la quatrième des commandes triennales de la Région Centre-Val de Loire pour le Domaine de Chaumont-sur-Loire (2017-2019).
En un château, qui abrite une importante collection de tapisseries anciennes, des œuvres et des jardins mondialement reconnus, et après les “fleurs fantômes” de Gabriel Orozco inspirées des papiers peints des chambres des Invités de la Princesse de Broglie et les vitraux de Sarkis, quoi de plus naturel que d’inviter une artiste qui a porté à son sommet un art qui recourt à toutes les potentialités offertes par les beautés de la nature.
Sheila Hicks utilise avec une virtuosité phénoménale le fil, les fibres et leurs couleurs, comme un peintre use de ses pigments.
Chaque création est pour elle un voyage, une exploration qu’elle engage avec les merveilleux volumes colorés et les cordages monumentaux dans un vaste éventail de fibres naturelles et synthétiques, qui l’accompagnent en permanence et avec lesquels elle invente ses univers infiniment poétiques.
Installations monumentales ou délicats collages et tissages de laine ou de lin participent de la même science de la couleur de cette immense artiste, qui connaît profondément toutes les pratiques liées au fil qu’elle a pu découvrir dans les lieux les plus insolites, lors de ses innombrables voyages de découvertes.
FAIRE D'UNE LIGNE UNE ŒUVRE
“Chaumont-sur-Loire est pour moi un lieu à part, comme un refuge, un espace où ma liberté de créer est grande.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
Sheila HICKS
ÉTATS-UNIS
En 1964, Sheila Hicks choisit de s’installer à Paris pour y mener sa vie et fonder son atelier. Née au Nebraska en 1934, élève de Josef Albers et George Kubler à la Yale School of Art and Architecture, riche de ses voyages en Amérique du Sud et de cinq années au Mexique, elle fait de son atelier parisien où elle s’est installée, le centre, toujours actif, d’une œuvre ouverte, où fils et textiles donnent forme à un “langage international” tactile, sensible et immédiat. Pour elle, la création est un processus en mouvement, qui se nourrit des rencontres et dialogues qui la marquent, des cultures et des techniques étudiées, des architectures investies par ses installations.
Depuis les années 1960, Sheila Hicks élabore une œuvre qui trouve son point d’équilibre à la croisée des arts appliqués et de l’art contemporain. En 2016, elle participe notamment à la 20ème Biennale de Sydney, au Glasgow International Festival et à Weaving & We–2nd Triennial of Fiber Art de Hangzhou. La même année, le Joslyn Art Museum d’Omaha (Nebraska) lui consacre une rétrospective intitulée "Sheila Hicks: Material Voices". En France, elle a exposé en 2014 au Palais de Tokyo (Paris) et au Consortium (Dijon) ; à l’étranger, à la 30ème Biennale de São Paulo en 2012, à la Biennale du Whitney (New York) en 2014 et à la Hayward Gallery (Londres) en 2015.
Elle sera l’invitée de la Biennale de Venise en 2017 et du Centre Pompidou en 2018.