Démarche artistique
COMMANDE EXCEPTIONNELLE DE LA RÉGION CENTRE FAITE À GABRIEL OROZCO (2014-2016)
Artiste en constant déplacement, sans atelier fixe, vivant entre le Mexique, les États-Unis et la France, Gabriel Orozco rejette les identifications nationales ou régionales et puise son inspiration dans les différents lieux où il vit et voyage. Il utilise une multiplicité de mediums et de supports différents pour concevoir et réaliser son œuvre. Passant de la photographie à la sculpture, de l’installation à la création numérique, recourant à des objets et des techniques très variés, grand voyageur, sans atelier fixe, il se définit comme un promeneur, parvenant à exprimer avec une grande subtilité l’esprit du temps et des lieux dans lesquels il intervient.
S’imprégnant des signes, des traces, des empreintes, quels que soient les sites où se pose son regard, désireux de s’imprégner des reflets du réel, Gabriel Orozco est "intéressé par la combinaison de différents sens et d’informations contradictoires". Il observe particulièrement les "mécanismes du mouvement et de vibration".
Fervent lecteur et admirateur de Borgès, il considère que "l’art procède d’une simplicité complexe" et ne cesse de renverser les données pour créer un ensemble de sensations nouvelles, pour voir et faire voir autrement le réel.
Revendiquant fortement sa liberté d’invention, il est toujours dans "l’attention absolue au présent”, dans l’euphorie de ce qui arrive. Il est dans le "faire", dans le "poïein" de la poésie.
Fasciné par les papiers peints anciens qui ornaient les murs des appartements des invités du Prince et la Princesse de Broglie - derniers propriétaires privés du château - abandonnés depuis 1938 et ouverts pour les artistes contemporains depuis 2011, le grand artiste mexicain Gabriel Orozco, dans le cadre d’une commande spéciale de la Région Centre, s’est longuement imprégné du palimpseste des tapisseries subsistant sur ces murs anciens. Son œuvre entière est marquée par la quête des traces, des empreintes des hommes et du temps.
Les Fleurs fantômes qu’il présente à Chaumont-sur-Loire ravivent la mémoire en suspens, les bribes invisibles de vies éteintes, la densité du souvenir de moments disparus, que le visiteur ressentait confusément, sans distinguer l’origine de son émotion et que révèlent les toiles de Gabriel Orozco.
Les 30 œuvres qui jalonnent les chambres des invités du Château reprennent des détails et des blessures de ces papiers anciens, reconstitués par l’artiste grâce à un procédé unique et lent de projection à jet d’huile sur toile. Le tremblé de l’impression est à l’aune du trouble qui saisit le visiteur en ces lieux, face au dialogue lié par ces œuvres et les murs imparfaits qui s’offrent au regard. L’artiste révèle ainsi ces empreintes et ces couleurs qui jusqu’alors échappaient à la vue, autant qu’il révèle l’émotion en suspens dans ces chambres.
C’est à ce dialogue subtil avec le mystère des lieux et de cette mémoire diffuse, que nous invite l’artiste par cette poétique promenade, empruntant les chemins de ronde, sur deux étages (aile ouest et aile sud) du château.
L’œuvre, présentée dans le Château, sera réalisée en deux temps, avec une première partie inaugurée en 2014 et une deuxième en 2015.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
Gabriel OROZCO
MEXIQUE
Gabriel Orozco est né en 1962 à Jalapa, Veracruz au Mexique. Il fait ses études à la Escuela Nacional de Arte Plasticas à Mexico et au Circulo de Bellas Artes à Madrid. Sa première exposition personnelle a lieu en 1983 et, dès le début des années 1990, il s’impose comme l’un des artistes majeurs de sa génération sur la scène internationale. Il a exposé dans de nombreux musées prestigieux : Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, (1995 et 1998), Musée d’Art Contemporain, Los Angeles (2000 et 2001), Serpentine Gallery, Londres (2004), Hirshhorn Museum, Washington D.C. (2004), Palacio de Cristal, Museo Nacional Centre de Arte Reina Sofia, Madrid, (2005), Museo del Palacio de Bellas Artes, Mexico (2006), Museum Ludwig, Cologne (2006). Il a participé à la Biennale de Venise, (1993, 2003 et 2005), à la Biennale du Whitney (1997), à la Documenta X (1997) et XI (2002).
Son travail a fait l’objet d’une rétrospective itinérante de 2009 à 2011 au MOMA (New York), au Centre Pompidou (Paris), au Kunstmuseum (Bâle) et à la Tate Modern (Londres).
Ses expositions personnelles récentes incluent Asterisms, Deutsche Guggenheim, Berlin et Musée Guggenheim, New York (2012), Natural Motion, Kunsthaus Bregenz, Autriche (2013), Thinking in Circles, Fruitmarket Gallery, Edinburgh (2013). En 2014, il aura une exposition au Moderna Museet de Stockholm.
Gabriel Orozco est représenté en France par la Galerie Chantal Crousel.
GABRIEL OROZCO