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Édition 2019 - Jardins de paradis
03

Vers les nuages

International Garden Festival

Le jardin

Dans la culture amérindienne Pueblos, la Kiva représente à la fois un lieu hautement spirituel et social. C’est un lieu de communication avec les morts, le ciel et les esprits, et par ailleurs un point de ralliement du village pour les cérémonies et les rituels.
Dans ce jardin dominé par le blanc, les promeneurs sont d’abord invités à cheminer dans trois abris symbolisant chacun une part fondamentale de l’Homme : le corps, l’esprit et l’âme.
C’est en se dirigeant vers la “maison de l’âme” que le dôme de la Kiva, resté caché jusque-là, apparaît comme flottant sur un nuage. L’intérieur offre un espace dépouillé et plongé dans la pénombre, ceint d’un unique banc circulaire, d’où les promeneurs contemplent ensemble la voûte céleste créée par un puits de lumière.
Ce jardin vise une expérience collective de reconnexion à la Nature et à soi-même. Sa structure, entre matériaux de récupération et végétal vivant, invite à porter un regard vertueux sur notre société et notre mode de vie à venir. Il nous parle aussi de cette part insaisissable de l’esprit humain, de cette nécessité de croire à un au-delà transcendantal, que l’on nomme spiritualité.

CONCEPTRICES

Delphine MESTOUDJIAN, Laetitia DEMOL et Emmanuelle NATAF, conceptrices de jardins
FRANCE
 

Laetitia Demol, conceptrice de jardins diplômée de l’École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles.
"J’ai vécu toute mon enfance et mon adolescence à la campagne, dans le Nord de la France, où j’ai passé mes loisirs entre jardinage, observation de la nature, danse et dessin. Après des études d’ingénieur agro-alimentaire, je me tourne vers une spécialisation en marketing : de la science du végétal aux sciences sociales, les diverses disciplines que j’aborde confluent ainsi secrètement mais progressivement vers le domaine du paysage. Je travaille pendant près de 15 ans sur la mise en marché de produits alimentaires. Et, de la même façon que la marque d’un produit doit sa force à 'l’identité' qu’on lui donne, je m’interroge sur ce qui fait 'l’identité' d’un site, et sur la conception durable d’un espace personnalisé, selon cet art spécifique qu’est 'l’art du jardin'. Ma préoccupation pour la nature et l’environnement, associé à ses diverses pratiques artistiques et à son intérêt pour la conception, m’amène à franchir le pas de la reconversion professionnelle. J’enrichis mon parcours d’une formation de 2 ans à l’École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles dans la conception de parcs et jardins, visant à mettre le pragmatisme de l’ingénieur au service d’une mobilisation des sens et d’une création sensible. Passionnée par ce métier multiple, je continue aujourd’hui à me perfectionner sur la connaissance et la reconnaissance des végétaux."
 

Emmanuelle Nataf est issue du monde du spectacle et rêve de pouvoir avoir plusieurs vies, tant il existe de métiers passionnants et enrichissants susceptibles de susciter l'émotion, par le corps ou par l'esprit. Passionnée par les grands textes et les arts du spectacle, fille de comédien, elle s'adonne tout d'abord au plaisir du Théâtre. Elle obtient son diplôme de comédienne à l'École Nationale Supérieure d'Arts et Techniques du Théâtre et entame une carrière de plus de dix ans sur les planches. Elle dévie ensuite vers le costume et travaille en tant que Chef costumière pour l'audiovisuel pendant 20 ans. Une constante dans tous ses choix étant toujours la recherche de la beauté, du sensible et de l'émotion dans toutes formes d'expressions artistiques. Mélomane et musicienne à ses heures perdues, elle a vécu son adolescence à la campagne, travaillé au potager. À l'instar de la musique, la proximité de la nature lui est vitale, garante de son équilibre. À l'occasion de ses missions et voyages, sa passion pour le paysage et pour les jardins se confirme. Son émotion en découvrant certains des plus beaux jardins du monde l'amène naturellement vers une seconde reconversion : la formation graphique de "concepteur de jardin dans le paysage" à l'École National Supérieure de Paysage de Versailles. Le thème Jardins de Paradis a fait naître en elle une envie intense d'exprimer de nouveau son imaginaire et sa sensibilité.

Conceptrice de jardin, diplômée de l’École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, Delphine Mestoudjian est depuis toujours curieuse et à l’écoute de la nature qui l’entoure. Enfant, elle passe son temps libre dans le fond du jardin d’une grande maison à la campagne, telle une enfant sauvage, à observer plantes et petits animaux, à créer des œuvres plastiques avec les ocres et les objets récoltés dans le jardin, quand elle ne dessine pas dans l’atelier de peinture de sa mère ou ne va pas à la danse qu’elle pratique tous les jours. Le travail au potager avec un grand-père peu bavard mais dans la transmission par le geste parachève la base de son être. Don d’observation, créativité à partir du monde environnant, désir de transmettre, de donner sont déjà là. S’en suivent, naturellement, des études en biologie puis en biochimie végétale où elle réalise un mémoire sur les cèdres. Face aux difficultés de financement d’une thèse et à un désir de valoriser ses acquis et surtout son état d’esprit scientifique, elle effectue deux ans de formation en communication scientifique à Paris. Elle organise des manifestations comme le Festival du film scientifique du CNRS puis devient assistante et documentaliste sur des documentaires télévisuels pendant plus de 10 ans. Après, elle glisse vers la presse où aux détours d’articles sur les toits végétalisés, l’aménagement de terrasses, elle côtoie le monde des concepteurs de jardins et reprend conscience de l’importance de ce domaine pour elle. Des échappées à la campagne ou le moindre carré de terre qu’elle trouve à Paris, où elle habite, sont bons pour remettre ses mains dans la terre. Elle anime ainsi des ateliers de jardinage pour enfants à la crèche et à l’école de ses trois garçons. Ceux-ci grandissant, elle écoute ses aspirations présentes depuis toujours - créer avec la nature, faire des jardins - et, en 2016, entreprend sa reconversion. Elle travaille comme jardinière pour des paysagistes pour être au cœur des multiples facettes du métier et au plus près du végétal et intègre l’École de Paysage de Versailles où elle apprend à concevoir elle-même des jardins. Dès lors, elle s’attache à créer des jardins dans leur paysage avec sensibilité et poésie, des jardins sur mesure à vivre.

VERS LES NUAGES

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JARDIN RÉALISÉ AVEC LE CONCOURS DE

Dominique Doré, plasticien