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SAISON D'ART 2025

Nicolas Alquin

"Bois révélés"
Cour de la ferme

Démarche artistique

« La sculpture perturbe une société amnésique et affairée. Elle en est l’exact contrepoint. Elle dit :
— là où le monde se presse, que je m’arrête,
— là où la mémoire est floue, que je me souvienne,
— là où tout est utile, que je rêve,
— là où tout s’évanouit, que je me tienne.
Tel est le “Sculptope” de la sculpture. Il n’a jamais changé, c’est à nous de le retrouver. »
Extrait de Bois et dérivés de Nicolas Alquin, Éditions Le temps qu’il fait, 2012.
 
La connivence d’Alquin et des arbres est née dans l’enfance. Avec ses copains, ils grimpaient aux branches pour invoquer le soleil et la pluie, tambours à la main et flûtes aux lèvres. Des souvenirs extraordinaires et très éloquents sur l’origine de la relation de l’artiste à la nature. « Ce que je peux vous dire d’entrée de jeu, c’est qu’aucune sculpture au monde ne sera aussi belle qu’un arbre », confiait-il à Terra Artistika en 2023. Des arbres, l’artiste en a côtoyé de divers et nombreux. Il est allé à leur rencontre dans leur milieu naturel, au Japon, en Inde comme en Côte d’Ivoire. Et se frottant à d’autres cultures, a beaucoup appris sur ce qu’ils représentent pour l’humanité. Le bois est la matière première qui permet à l’homme d’explorer les formes, bien avant le métal. Materia en latin veut dire bois, comme aime à le rappeler l’artiste. « Tout ce qui a été pensé en volume a d’abord été pensé en bois. »
 
Alquin, qui a une aversion pour les armatures, souhaite pouvoir à tout moment remettre en cause la sculpture, jusqu’à parfois la couper en deux, la percer, la recoller. Rien ne doit entraver son geste, comme dans le dessin. Le bois donne cette liberté, rappelle-t-il, sans oublier de préciser qu’avec lui le sculpteur est dans « le train de l’histoire ». L’arbre était avant lui, la sculpture sera là après lui. L’artiste n’est présent qu’à un temps donné de transformation de la matière. Dans l’atelier, Alquin reprend une sculpture qu’il n’a pas touchée depuis longtemps. Il ajuste une courbe. « C’est comme un premier chant d’oiseau, quelque chose qui te réveille. A partir de cette ligne, je reprends confiance dans toute la sculpture, je peux tout à coup continuer. C’est comme si je la réveillais ou comme si je me réveillais ».
 
Toujours, il se souvient de l’arbre debout. Il est pour lui une sorte de boussole. « Non pas une boussole qui indiquerait le Nord, mais une boussole qui indique le ciel. Ce n’est pas pour rien que petit à petit je me suis mis à dorer certaines parties de mes sculptures. C’est vraiment pour témoigner de cette lumière. L’arbre a la lumière en lui. » Et si Alquin ne sculpte pas des arbres, mais des hommes à partir des arbres, c’est bien pour signifier que la lumière ne vient pas de l’extérieur mais qu’elle est en nous. En d’autres termes, inutile de chercher au loin le sacré qui nous habite, peut-être seulement devons-nous mieux nous connaître, nous défaire de tout ce qui nous cache à nous-mêmes comme le sculpteur révèle l’être caché d’un arbre. Pour cela, la taille directe est idéale. Elle permet de « dégager » jusqu’à ce qui doit être présent le soit. « Bien sûr, il y a une forme de départ qui vient d’une intention mais si je n’étais que dans l’intention, je serai dictatorial. » C’est par l’attention que le sculpteur choisit de laisser ou de retirer de la matière. Il doit écouter la sculpture car le travail ne se réalise qu’à deux. Il lui faut être « totalement disponible. »
 
Inévitablement, il y a des moments de blocage. Faut-il tailler encore au risque de s’aventurer sur un mauvais chemin ?
 
« Quand je me rends compte de ce point paroxystique où tout d’un coup la sculpture est en train de devenir une petite rengaine qui m’étouffe, je n’ai plus qu’une solution, lui rentrer dedans, la couper, voire la perdre. Oser mourir. » À bien y regarder, l’œil distingue dans chacune des pièces d’Alquin le risque pris, la lutte contre soi et ses mécanismes, pour avoir le courage d’être et de se renouveler. Mais il faut aussi savoir ne rien faire, être en jachère pour plus tard porter de meilleurs fruits. « Je ne peux pas imaginer la culture sans l’agriculture », assure l’artiste. Car « tout vient de là ».
 
Pour la Saison d’art, ses sculptures habitent la Grange aux Abeilles. Il y a Les passantes, Le guide et L’envol. Pour illuminer ses bois de chêne, l’artiste les frotte de chaux aérienne, cet étonnant corps chimique minéral qui ne grise jamais. « C’est une terre de lumière ». Révélées par cette technique qui en souligne les lignes de forces et le mouvement, elles sont toutes sur le chemin. « Les passantes sont sur le seuil. Le guide est un enfant qui conduit un adulte aveuglé. L’envol se détache du sol dans un mouvement spiralé pour nous emporter dans sa danse », explique Alquin.

REPÈRES BIOGRAPHIQUES

Nicolas ALQUIN
BELGIQUE

 

Né en 1958 à Bruxelles dans une famille d’artistes, Nicolas Alquin, après avoir étudié la restauration d’œuvres d’art au musée des Arts et Traditions populaires, fréquente les ateliers des sculpteurs Reinhoud d’Haese et Étienne Martin. Il développe son lexique artistique selon trois vecteurs principaux : le bois (en taille directe) ; la cire d’abeille taillée et modelée dans la masse (parfois fondue en bronze) ; et l’encre sépia ou noire (pour des lavis au pinceau). Prenant à rebours les préceptes de la sculpture post-minimale, il déploie une pratique qui rejoue, non sans intensité, l’histoire de l’art, convoquant aussi bien des références à la marge que la grande histoire de la sculpture. Dans un dialogue incessant entre l’héritage judéo-chrétien et l’influence des arts premiers sur l’art contemporain, Nicolas Alquin matérialise à travers ses œuvres une réflexion sur les relations entre le visible et l’indicible, la main et l’esprit, ou encore la maîtrise et l’aléatoire. Ainsi, il n’hésite pas à s’approprier des techniques dites « traditionnelles » (la taille directe du bois en première ligne, le ciselage du bronze) pour les teinter d’influences diverses et les remettre en perspective. Extrait d’un texte de Marc Bembekoff.

Nicolas Alquin est représenté par la Kamil Art Gallery, Monaco, la Galerie Koralewski, Paris et la Galerie Birch, Copenhague.

Catalogue

PRIX

2014
Grand Prix Léon-Georges Baudry de la Fondation Taylor, Paris
 
2007
Prix de la Fondation Charles et Christiane Oulmont, Paris
 
2004
Enku Award, Gifu, Japon
 
2002
Prix de la Biennale Internationale de Sculpture de Poznan, Pologne
 
2001
Grand Prix Prince Pierre de Monaco, Monaco
 
1997
Prix de sculpture de l’Académie des Beaux-Arts, Fondation Simone et Cino del Duca, Paris
 
1988
Prix Leonard de Vinci, Abidjan, Côte-d’Ivoire
 
1987
Prix Villa Médicis, Hors les murs, Vérone, Italie

EXPOSITION PERSONNELLES

2024
Heaven’s door, Kamil Gallery, Monaco
 
2023
Elle et le chemin, Abbaye de Fontevraud
 
2021
Galerie Marie-Ange Boucher, Bruxelles, Belgique
 
2019
Histoires de sculptins, Villa consulaire française, Liège, Belgique
 
2018
Collégiale Saint-Pierre-la-Cour, Le Mans
 
2017
Maison de la musique et de la danse, Bagneux
 
2017
Galerie Devillez, Bruxelles, Belgique
 
2016
De toutes pièces, Galerie Maeght, Paris
Nicolas Alquin, sculpture et xylotraces, Galerie Simonici, Luxembourg
 
2015
Art Paris Art Fair, Galerie Koralewski, Paris
 
2014
Présences de vie sur Aquilon Silcan, Guy Pieters Gallery, Knokke-le-Zoute, Belgique
 
2013
Bois et dérivés, Musée de l’Hospice Saint Roch, Issoudun
Musée de l’Arsenal et site de l’Abbaye Saint-Jean-des-Vignes, Soissons
Musée de Campredon, Isle-sur-la-Sorgue
 
2012
De cire et de bois, Galerie le Salon d’art, Bruxelles, Belgique
 
2008
Portraits d’étoiles, Galerie Guigon, Paris
 
2007
Constellations, Galleria Del Leone, Venise, Italie
 
2006
Corps célestes, Linéart, stand Paule de Boeck Fine Arts, Gand, Belgique
 
2005
Bois flottés, Musée d’Ixelles, Bruxelles, Belgique
Galerie Fred Lanzenberg, Bruxelles, Belgique
L’Atelier d’Alquin, Musée de la Fondation Coubertin, Saint-Rémy-lès-Chevreuse
 
2004
Aperçus, Galleria del Leone, Venise, Italie
 
2003
Galerie Michèle Broutta, Paris
 
2002
Gros Plan sur Alquin, Fondation Prince Pierre de Monaco, Monaco
 
2000
Galerie Fred Lanzenberg, Bruxelles, Belgique
 
1999
Galerie Fred Lanzenberg, FIAC, Paris
Chapelle les Pénitents, Clermont-l’Hérault et site de l’Abbaye de Gellone, Saint-Guilhem-le-Désert
 
1998
Fondation Veranneman, Kruishoutem, Belgique
 
1996
Galerie Fred Lanzenberg, Bruxelles, Belgique
Galerie Fred Lanzenberg, FIAC, Paris
 
1993
Galerie Fred Lanzenberg, Bruxelles, Belgique
 
1992
Les Passantes, Galerie du Jour-Agnès B, Paris
 
1991
Galerie Erval, FIAC, Paris
Les Stylites, Prieuré-Saint-Michel, Crouttes
 
1990
Musée d’Art Contemporain, Dunkerque
Centre culturel Le Botanique, Bruxelles, Belgique
Galerie Bernard Cats, Bruxelles, Belgique
 
1988
Galerie Maeght, Paris
 
1987
Galerie Maeght, Barcelone, Espagne
 
1986
Des Éclipses, Galerie Maeght, Paris
Galerie Le Salon d’Art, Bruxelles, Belgique
Centre culturel français, Abidjan, Côte d’Ivoire
 
1985
Théâtre municipal, Caen
 
1984
Maisons en tête, Galerie Erval, Paris
 
1982
Sculptures et sculptins, Galerie Erval, FIAC, Paris
 
1981
De l’arbre à la maison, Galerie Pierre Vanderborght, Bruxelles, Belgique

EXPOSITIONS COLLECTIVES (SÉLECTION)

2024
Art et Spiritualité à Troyes, Evelyne Huet, Michel Madore et Nicolas Alquin, Cathédrale de Troyes
 
2021
Galerie Birch : CoBrA and friends (exposition continue): Nicolas Alquin, Reinhoud, Asger Jorn, Carl-Henning Pedersen, Jan Voss, Walasse Ting & more
 
2020
Fond International d’Art contemporain du Mans, Le Mans
Art Herning, peintures de Kenneth Blom et sculptures de Nicolas Alquin, Galerie Birch, Danemark
 
2019
Sculpt’ en Sologne, invité d'honneur
Art Élysées, peintures de Jan Voss et sculptures de Nicolas Alquin, Galerie Birch, Paris
 
2018
BRAFA Art Fair Bruxelles, Belgique
 
2016
Alquin, Amorim, de Torhout, Fondation Taylor, Paris
Présence de bois, Domaine de Chaumont-sur-Loire, Centre d’Arts et de Nature, Chaumont-sur-Loire
 
2015
Bronzes, Galerie Maeght, Paris
Art Élysées, Galerie Koralewski, Paris
 
2014
Flag France Renaissance, Shangai, Chine
 
2013
Flag France Renaissance, Château de la Celle-Saint-Cloud
Trois sculptures monumentales, Guy Pieters Gallery, Knokke-le-Zoute, Knokke Zeedijk et Sint-Martens-Latem, Belgique
 
2012
Dessins, Galerie Guigon, Paris
 
2011
Corps et âmes, Galerie Koralewski, Paris
Festival APART, Les-Baux-de-Provence
Blickachsen exhibition, Bad Homburg, Allemagne
 
2010
Biennale Traces, Fort de Condé, Val-de-l’Aisne
Œuvres sur papier, Galerie Guigon, Paris France
 
2009
Biennale de sculpture de Yerres
 
2007
Biennale de sculpture de Yerres
Exposition Icare, Musée d’Art Wallon, Liège, Belgique
 
2006
International Sculpture Triennale Poznan, Poznan, Pologne
Art Paris, Galerie Michèle Broutta, Paris
 
2005
Enku Awards Exhibition, Musée de Gifu, Japon
 
2004
Moi ! Autoportrait du XXe siècle, Musée du Luxembourg, Paris
Moi ! Autoritratti del secolo XX, Galleria degli Uffizi, Florence, Italie
 
2002
Een jonge garde, Musée de Beelden aan Zee, Pays-Bas
2001
Mouvement 134, Plaza Gallery, Tokyo, Japon
 
2000
Fondation Veranneman, Kruishoutem, Belgique
Abbaye d’Heverlee, Louvain, Belgique
 
1998
Fondation Veranneman, TEFAF, Maastricht, Pays-Bas
 
1996
Centre des Arts de Scottsdale, Phoenix, Etats-Unis
 
1995
Malborough Gallery, New York, États-Unis
 
1993
Du Désir de spiritualité dans l’art contemporain, Centre culturel, Boulogne-Billancourt
 
1992
Galerie du Jour-Agnès B., Espace des Arts, Chalon-sur-Saône
 
1991
Centre des Arts de Scottsdale, Phoenix, États-Unis
Musée de Campredon, L’Isle-sur-la-Sorgue
 
1989
Exposition Internationale de Sculpture, Sommacampagna, Italie
La Passion de Dunkerque, exposition itinérante jusqu’en 1991 : Paris, Dunkerque, Taiwan, Varsovie
 
1987
Carte blanche à dix jeunes artistes, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, Paris
 
1986
À Propos de dessin, Galerie Maeght, Paris
 
1984
Association française d’action artistique, Dakar, Sénégal
Association française d’action artistique, Abidjan, Côte-d’Ivoire
 

Sur le web