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Édition 2026 - Le jardin fait son cinéma

Le paysage microcosmique

Jardin de James Basson
Cour de la ferme

Le jardin

“La pelouse d’origine, encadrée par l’Idylle que forme la cour de ferme, était un espace libre de tout mouvement et de toute complexité. Lorsque l’on s’approche de la cour, on ne remarque pas les plantes, elles forment un espace et des couleurs sobres. Plus près, on voit trois ou quatre espèces apparaître, dévoilant leurs tonalités et textures. Plus on avance, plus la diversité est visible, le microcosme prend forme, paysage qui peut être ignoré ou embrassé.
Le jardin est planté selon le modèle des paysages de steppes européens, comme celui du plateau du Larzac. Ces paysages sont très pauvres : la terre et l’eau y sont rares, et ils n’offrent pas de protection contre le vent. Les températures sont extrêmes, avec un froid glacial en hiver et une chaleur torride en été. Ici, les plantes sont douées de tolérance plutôt que d’un esprit de compétition. C’est dans l’environnement du peu que l’on trouve la plus grande diversité.
Face au changement climatique, la prochaine génération de concepteurs et de jardiniers va vivre une période passionnante. Qu’est-ce qui remplacera nos terrains de jeu et pelouses qui nous sont si chers ? Que ferons-nous des roses qui, pendant des années, nous ont donné tant de joie ? Des paysages centrés sur la résilience plutôt que sur l’exubérance. Une esthétique qui nous rapproche de la nature dans son état naturel. Une nouvelle phase de romantisme où nous considérons la nature comme un être cher dont nous voulons prendre soin et dont nous voulons apprendre avant qu’il ne nous quitte.
Le paysage microcosmique est un clin d’œil à ce débat. Il est possible de le manquer, mais si vous vous arrêtez pour regarder vers le bas, il y a beaucoup à voir.” James Basson

CONCEPTEURS

James BASSON, paysagiste
Avec le concours d'Helena COATES
MONACO
 
 

Installé dans le sud de la France depuis 20 ans, James Basson dirige Scape Design. Il a acquis une solide réputation en créant des jardins secs, nécessitant peu d’entretien, des jardins durables et respectueux du paysage naturel. Il s’inspire de ses promenades dans les Alpes Maritimes, de ses feuillages persistants et des ors des paysages d’été, mais aussi des paysages côtiers de la Corse, de la Sardaigne, de la Sicile et de la Grèce.

Ses premiers essais pour recréer ce type de paysage au jardin reposent en grande partie sur les lavandes, les romarins et les thyms, avec une irrigation au goutte-à-goutte. Le pépiniériste et botaniste Olivier Filippi, son héros, lui démontre progressivement qu’il peut travailler avec ces plantes sans irrigation, en maintenant un bon drainage du sol.

En 2016, alors qu’il participe pour la deuxième fois au Chelsea Flower Show à Londres, James Basson entend quelqu’un qualifier son jardin de “simple sentier de chèvres”. Il le prend comme un compliment. Un autre visiteur reconnaît les conditions de vie de son propre environnement et l’engage sur le champ. Le résultat est un magnifique jardin dans la région de Gordes, en France, connue pour ses faibles précipitations et ses longs étés.

Dans des conditions aussi difficiles, James choisit ses projets avec soin : “Nos clients sont des personnes qui aiment les jardins et les plantes, et pas seulement les jolies photos”. Le résultat est stupéfiant, une leçon de travail en collaboration avec la nature et non contre elle.

Il aime les murs en pierre sèche et les "bories", ces anciens abris arrondis qui accueillaient et protégeaient les moutons dans les champs de Provence. Pour éviter le gaspillage, il ramène le jardin à une échelle humaine et fait en sorte d’immerger le bâti dans le paysage.

Les plantations de James Basson jouent avec une palette souvent limitée à trois espèces dominantes. Les plantes à feuilles persistantes alternent avec les graminées et des plantes colorées comme le Lomelosia couvre-sol, le Phlomis aux fleurs d’or ou l’Euphorbe arborescente. Ces plantes sont particulièrement résistantes. Sa préférence va au pistachier lentisque des garrigues et des maquis. Toutes ces plantes ont un attrait pour les pollinisateurs et la faune.

Lorsqu’il pleut, le jardin s’anime de sources, mais cette eau disparaît rapidement à travers le substrat rocheux. Les plantes doivent survivre à 4 ou 6 mois de sécheresse chaque année. L’eau est rare. C’est pourquoi, il plante à travers 8 à 10 cm de gravier ou de paillis de pierres concassées, et s’approvisionne en plantes robustes à longues racines auprès d’Olivier Filippi. Il faut une vision à long terme, travailler ensemble pour un avenir durable et beau.

Un jardin de pierre est un bon moyen d’atténuer les étés chauds et secs et les hivers humides, à la fois en protégeant le sol, en retenant le carbone et en gardant les bases des plantes sèches. Le sol doit être décompacté et redessiné, pour créer des zones plus hautes pour les plantes, et des zones plus basses pour les chemins. Ainsi l’eau est drainée naturellement. Cela permet également de créer une variété d’aspects, pour que les différentes plantes puissent faire face au soleil tout au long de la journée.

LE PAYSAGE MICROCOSMIQUE. CARTE VERTE DONNÉE À JAMES BASSON.

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