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Le jardin

AUX ORIGINES DU MONDE, LE DEVENIR POLAIRE :
(CRISE ENVIRONNEMENTALE, CRISE SPIRITUELLE...)
 
Il y a chez les Inuits un rapport au monde qui nous renvoie à nos propres paradoxes sur nos modes d’existence occidentaux. En ouvrant une fenêtre possible sur le futur, le Groenland (qui tire son nom de greenland depuis les explorations Viking) deviendra certainement un paysage très différent dans les décennies à venir.

En effet, les régions polaires, attirant depuis toujours les plus ambitieux des explorateurs, sont sous l’épée de Damoclès d’un changement climatique majeur, trouvant de nombreuses causes dans la civilisation occidentale : réchauffement de la planète (gaz à effet de serre et fonte des calottes polaires), disparition d’espèces & interruption de la chaîne alimentaire (exemple des baleines), colonisation pour enjeux géostratégiques (réserves importantes d’hydrocarbure), etc. Le monde scientifique actuel s’accorde à reconnaître les régions polaires comme les meilleures indicateurs des perturbations climatiques à l’échelle planétaire et bien que reculées et très peu habitées, elles figurent parmi les régions les plus polluées du globe car de nombreux courants marins et atmosphériques s’y rejoignent.

Alors que la mythologie inuit de la peur renvoie aux rudes conditions de survie en milieu hostile mais sans frontière entre les mondes qu’ils soient réels ou de la réalité subtile des chamans, notre écologie occidentale de la peur et de la sécurité renvoie quant à elle à des jeux de pouvoirs en total inadéquation avec la question de l’être au monde : construction de murs, clôtures, vidéo surveillance, circulations contrôlées...

Le processus lent d’adaptation aux conditions polaires s’est vu perturbé depuis l’arrivée des hommes « blancs » (commerçants de fourrures, missionnaires, baleiniers, prospecteurs etc) qui ont focalisé sur le développement économique, sans en assumer les responsabilités et conséquences : dépendances économiques, alcool, drogues, conflits politiques, introduction de maladies contagieuses, problèmes écologiques, racisme...

Enfin, l’intégration aux nations du Canada, États-Unis, Québec et Russie entraîna de nombreux déplacements, particulièrement pour les amérindiens polaires.

Malgré une histoire chargée de difficultés, qu’elles soient techniques ou politiques, les peuples polaires ont malgré tout conservé une tradition orale, un chamanisme et un attachement à leur territoire. C’est ce lien, subtil que le jardin se propose d’explorer par l’expérience des sens.

Igloolik veut dire : là où il y a des maisons et les inuits signifie «les hommes» ou « les gens ».

Ultima igloolik est donc le lieu où se trouvent les maisons des âmes incarnées.

designers

Julien LACHAL, Julie BERNARD et Agathe FAURE, architectes DPLG
FRANCE
 
 
Julien Lachal, est musicien et architecte à Lyon. Musicien multi-instrumentiste, il fonde en 2008 « l'ensemble électroacoustique (n)KL » et « le chantier »  où il questionne l'usage détourné des sons, des formes et des matières musicales dans l'espace. Architecte en free-lance, il cherche des moyens d'agir et de soigner les lieux et leurs habitants autrement (la géobiologie par exemple). Son parcours d'artiste l'amène aussi à expérimenter des réalités non ordinaires, à la croisée des mondes visibles et invisibles.
 
Julie Bernard et Agathe Faure sont architectes DPLG depuis 2006, et co-président la compagnie d’architectures [Local à louer]. Avec leur regard sur la ville, leur formation à l’architecture, à la concertation et leur goût pour le design, Julie et Agathe sont à la recherche d'un nouveau cadre de travail, ouvert et inventif. La compagnie s'associe à différents acteurs selon les projets abordés, et forme ainsi de manière ponctuelle, un collectif pluridisciplinaire compétent. Le Territoire devient la toile de fond, de jeux, d'expériences artistiques, urbaines et politiques. C'est par une démarche d’immersion, d’observation, de rencontres et d’interviews que l’association cherche à développer plus de densité dans le processus de fabrication du projet et à inventer de nouveaux outils méthodologiques et prospectifs pour transformer le paysage. [Local à louer] est avant tout un lieu d'échanges, où le temps de la réflexion et de la création peuvent germer et se développer, appuyés par un esprit de mutualisation des savoirs et des regards. Ils inventent des outils d'analyse, de fabrication pour transformer le paysage. Leur travail s'exprime au travers d’interventions, de performances dans l’espace public, de participation à des concours d’idées, de réalisations de diagnostics urbains avec comme objectif, d'interroger et de participer à l'élaboration d'un nouveau cadre de vie.

Plantes du jardin

Angelica Archangelica
Artemesia Vulgaris
Gaura Short Form
Salvia Officinalis
Stipa Tenuifolia
Valeriana Officinals