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Chaumont-Photo-sur-Loire 2021/2022

Pascal Convert

"Les 1000 yeux de la falaise de Bâmiyân"
Le Château

Démarche artistique

Cinéaste, plasticien, photographe, écrivain, Pascal Convert est un artiste profond, aux talents multiformes, obsédé par les traces, les empreintes des lieux de souffrance humaine, dont il préserve la mémoire sous des formes multiples. Les images inédites des paysages de Bâmiyân, présentées dans le cadre de Chaumont-Photo-sur-Loire furent prises par l’artiste lors du voyage qu’il effectua en Afghanistan en 2016. Elles montrent non pas la célèbre falaise martyrisée, mais ce que “voyaient” les Bouddhas, ces paysages magnifiques que l’on apercevait aussi des cellules de moine sculptées dans le grès au 6ème siècle de notre ère.

“Mon travail s’apparente à celui de l’archéologue, qui n’est pas un découvreur mais un inventeur de lieux invisibles jusque-là. De là le terme “invention” attribué à une découverte par un archéologue de quelque chose qui lui préexistait souvent depuis des siècles : l’archéologue en découvrant un site dans une fouille en devient “l’inventeur”, et devient celui qui va en faire le récit, ouvrir une nouvelle odyssée.” Entretenir la mémoire et lutter contre l’oubli sont au cœur de l’œuvre de l’artiste.

“Élire la falaise de Bâmiyân pour installer dans ses mille grottes naturelles un sanctuaire sous roche entre dans la grande tradition bouddhiste. Sur la route de la soie, c’est dans ces cavernes suspendues entre ciel et terre reliées par des tunnels que les héritiers des ermitages de montagne - dans lesquels Siddhartha a trouvé l’éveil - ont trouvé refuge. La contemplation des montagnes enneigées depuis ces espaces intérieurs protégés du vent et du soleil comme des intempéries ouvre à la méditation. C’est dans cet éloignement, dans l’obscurité des temps, que le Bouddha de la miséricorde écoutant les murmures du monde dans la pureté de l’air a ouvert la multiplicité de ses mille yeux pour voir les malheurs de chacun.
Même s’il n’y a plus de moines, que la sagesse semble avoir déserté ces lieux et que la barbarie est passée par là, debout sur les nuages, les mille yeux de la falaise de Bâmiyân, endeuillés par la destruction en 2001 par les talibans des deux grands dieux au visage souriant et humble, regardent aujourd’hui encore les enfants du Hazaradjat gravir jour après jour les pentes de la falaise à la recherche d’un monde qui les accueille.” Pascal Convert
 
La ritournelle est l’art des enfants qui jouent dans les décombres, et qui jouent à faire des boucles : à faire danser, à faire revenir les fantômes d’une mémoire que les adultes croyaient justement perdue. (…) Les enfants continueront de jouer devant la falaise. Ils s’amuseront à regarder — ou à explorer — les trous qui la constellent.
Ils savent que dans les antres sont les temps. Comme sur le front du grand-père sont les rides, les blessures ou l’écriture de toute son histoire. Alors ils imagineront peut-être la falaise elle-même comme le front gigantesque d’un personnage bienveillant encore sous la terre, et qui resurgira un jour dans une puissance qu’aucun pouvoir ne pourra plus contenir”. Georges Didi-Huberman, Antres-temps, Ritournelle de Bâmiyân.

REPÈRES BIOGRAPHIQUES

Pascal CONVERT
FRANCE
 

Fils d’artiste, Pascal Convert naît en 1957 à Mont-de-Marsan. Il est à la fois plasticien, écrivain et réalisateur, et qualifie son travail d’archéologie de l’architecture, de l’enfance, de l’histoire, du corps et des temps. Il recourt à des matériaux tels que le verre et la cire, qui évoquent le passage du temps, la lumière et les effets persistants du passé. En 1987, alors qu’il habite Bordeaux, il recouvre les panneaux de bois d’une pièce de son appartement avec des plaques de verre, initiant la série Appartement de l’artiste. En 1989 et 1990, il réside à la Villa Médicis à Rome. L’année 1992 voit sa première exposition personnelle importante au CAPC de Bordeaux. En 1997, il est invité par le philosophe et historien de l’art Georges Didi-Huberman à participer à l’exposition L’Empreinte au Centre Pompidou, aux côtés de Giuseppe Penone, Man Ray, Alain Fleischer… Georges Didi-Huberman lui consacrera plusieurs ouvrages aux éditions de Minuit, et l’associera à de nombreuses expositions. En 2002, il inaugure son Monument à la mémoire des résistants et otages fusillés au Mont Valérien entre 1941 et 1944 (Mémorial de la France combattante, Suresnes). Face à la chapelle où étaient enfermés les condamnés avant d’être conduits sur le lieu de leur exécution, Pascal Convert érige une cloche en bronze de 2,70 x 2,18 m sur laquelle sont gravés les noms des disparus. Dans la continuité de ce travail, il réalise le documentaire Mont Valérien, aux noms des fusillés en 2003.

En 2007, son exposition Lamento présentée au Mudam (Luxembourg) présente des sculptures de cire inspirées de photos de presse emblématiques : La Pietà du Kosovo (1999-2000), d’après une photo de Georges Mérillon, La Madone de Bentalha (2001-2002), d’après une photo d’Hocine Zaourar, et La Mort de Mohamed Al Dura (2002-2003), d’après des captures d’écran de vidéo de Talal Abou Rahmed. Ces sculptures sont largement exposées aux Nations Unis, à Montréal, en Suisse et en Italie. La même année, il publie une biographie de Joseph Epstein, chef de file de la résistance communiste à Paris, fusillé au Mont Valérien en 1944.

En 2008, il termine un ensemble de vitraux pour l’Abbatiale de Saint Gildas des Bois (Loire-Atlantique). Il expose ensuite une monumentale sculpture de cristal, Le Temps scellé : Joseph Epstein et son fils, à l’occasion de la Force de l’Art au Grand Palais (Paris) en 2009. Elle fait aujourd’hui partie de la collection permanente du Musée national d’art moderne de Paris. Il réalise encore le documentaire Joseph Epstein : bon pour la légende. Après quatre ans de travail, il publie une nouvelle biographie Raymond Aubrac : résister, reconstruire, transmettre (Seuil, 2011), et consacre à ce personnage deux documentaires. Deux ans plus tard paraît le récit autobiographique La Constellation du Lion (Grasset). En 2014, il participe à la Biennale de Busan en Corée du Sud et à l’exposition collective La Guerre qui vient n’est pas la première : 1914-2014 au Musée d’art moderne et contemporain de Trente et Roverento en Italie.

En 2016, il participe à l’exposition transdisciplinaire Soulèvements au Jeu de Paume. L’année est surtout marquée par une invitation de l’ambassade de France en Afghanistan à commémorer le 15ème anniversaire de la destruction des Bouddhas de Bâmiyân par les talibans. Pascal Convert monte une mission en partenariat avec la société ICONEM, spécialisée dans l’archéologie des zones de conflit. Avec des drones, il scanne la totalité de la falaise de Bâmiyân, et laisse les images en libre accès à la communauté scientifique mondiale. Avec un appareil de haute précision il fait une “empreinte photographique” du lieu où les statues monumentales ont été sculptées il y a environ 1 600 ans.

En 2019, la Galerie Éric Dupont lui consacre une exposition personnelle, Trois arbres, un travail autour des écorces de bouleau du crématoire V d’Auschwitz-Birkenau, d’un cerisier atomisé d’Hiroshima et des arbres de vie en pierre des “khatchkars” arméniens.

En 2021, il présente une double exposition du Panoramique de la falaise de Bâmiyân au Musée Guimet et au Louvre Lens, et créée une œuvre pour le Dôme des Invalides dans le cadre de l’exposition Napoléon ? Encore. Au Domaine de Chaumont-sur-Loire, il conçoit dans les anciens appartements des invités une incroyable chambre d’enfant cristallisée, poursuivant une aventure entamée en 2020 dans la bibliothèque du Château et le Parc Historique.

LES ARTISTES

RÉCOMPENSES

2020
Chevalier de la Légion d'honneur
 
2019
Officier de l'ordre des Arts et des Lettres

EXPOSITIONS PERSONNELLES

2021
Memento Marengo, exposition Napoléon ? Encore !, Dôme des Invalides, Paris
La falaise, la Grotte, Bâmiyân 20 ans après, Musée du Louvre Lens
Des images et des hommes, Musée Guimet, Paris
 
2019
Trois arbres, Galerie Éric Dupont, Paris
De Lascaux à Bamiyan, Lascaux IV
 
2018
Revoir Bamiyan, Musée Guimet, Paris
 
2017
Bamiyan, Galerie Éric Dupont, Paris
 
2016
Portrait du jeune homme en Saint Denis, Galerie Éric Dupont, Paris
 
2014
Passion, Galerie Éric Dupont, Paris
 
2011
Histoire-Enfance, Galerie Éric Dupont, Paris
 
2009
Joseph Epstein, Galerie Éric Dupont, Paris
 
2007
Lament, MUDAM, Luxembourg
 
2002
Native Drawing et Native Movies, Carré Saint Anne et ESBAMA, Montpellier
 
2000
Site Odéon 5, Galerie Verney-Carron, Paris
Native Drawing, FRAC Picardie
Galerie Pietro Sparta, Chagny
 
1996
Villa Arson, Nice
Crosby Street Space, New York, États-Unis
Un mur à Marrakech
Le Casino, Musée d’art contemporain, Luxembourg
Galerie Pietro Sparta, Chagny
 
1994
Galerie Pietro Sparta, Chagny
 
1992
CapcMusée de Bordeaux
Bonner Kunstverein, Bonn, Allemagne
1991
Autoportrait, École des Beaux-Arts, Mâcon
 
1990
Halle Sud, Genève, Suisse
 
1989
Galerie Jean-François Dumont, Bordeaux
 
1987
Galerie Jean-François Dumont, Bordeaux
 
1986
Galerie Jean-François Dumont, Bordeaux
 
1984
Galerie J&J Donguy, Paris

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2021
Chambre intérieure cristallisée et Les 3 anges, Domaine de Chaumont-sur-Loire / Centre d’Arts et de Nature, Chaumont-sur-Loire
 
2020
Comme des tourbillons de poussières, Biennale de la Photographie, Mulhouse
Domaine de Chaumont-sur-Loire, Centre d’Arts et de Nature, Chaumont-sur-Loire
Il était une fois dans l’Ouest, exposition inaugurale du FRAC Aquitaine à la MECA, Bordeaux
Histoire de l'art cherche personnages, CAPC musée d'art contemporain, Bordeaux
 
2018
Débris et collages, LAM, Villeneuve d’Ascq
Melancholia, Fondation Boghossian, Bruxelles, Belgique
Soulèvement, Galerie Nationale du Jeu de Paume, Paris ; Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelone, Espagne ; Museo de la Universidad de Tres Ferrero, Bueno Aires, Argentine ; MUAC / Museo Universitario Arte Contemporaneo, Mexico, Mexique ; Galerie de l’UQUAM, Montréal, Canada
 
2015
Là où commence le jour, LAM, Villeneuve d’Ascq
L’effet vertigo, MacVal, Paris
 
2014
La guerra che verrà non è la prima 1914 – 2014, MART / Museo di arte moderna e contemporanea di Trento e Rovereto, Rovereto, Italie
Trop humain, artistes des XXe et XXIe siècles devant la souffrance, Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève, Suisse
 
2013
Émoi et moi, MacVal, Paris
 
2012
Atlas, Musée Reina Sofia, Madrid, Espagne ; Studio National du Fresnoy ; ZKM, Karlsruhe, Allemagne ; Fondation Falkenberg Hambourg, Allemagne ; Palais de Tokyo, Paris
 
2009
La force de l’art, Grand Palais, Paris
 
2004
Le printemps de septembre, couvent des Jacobins, Toulouse
 
2001
Le mois de la photo à Montréal, Galerie de l’UQUAM, Canada
Artiste invité au Studio National du Fresnoy
 
2000
Obayashi Corporation, œuvre permanente, Tokyo, Japon
5e Biennale d’art contemporain de Lyon
Galerie Pietro Sparta, Chagny
 
1998
L’œil et l’esprit, Museum of modern art of Gunma; Iwaki City Museum, Museum of modern art of Wakayama, Japon
 
1997
L’empreinte, Centre Georges Pompidou
 
1996
Galerie Pietro Sparta, Chagny
Double mixte, Galerie Nationale du Jeu de Paume, Paris
 
1995
CapcMusée de Bordeaux
 
1994
Musée Kouskovo, Moscou, Russie
 
1993
Le génie du Lieu, Rouen
 
1990
Villa Médicis hors les murs, Grenade, Espagne
 
1989
CapcMusée de Bordeaux
Villa Médicis, Rome, Italie et FRAC Pays de Loire
 
1986
Pascal Convert, Didier Malgor, Musée Bonnat, Bayonne

Sur le web