Démarche artistique
L'eau existe sous trois états différents. Dans la nature autour de nous, la magie opère : ce liquide peut devenir une masse solide, ou bien invisible sous forme de vapeur...
L'œuvre Cristaux ressemble à de l’eau gelée, car, bien que de compositions chimiques différentes, ils ont une structure commune : aussi bien le givre que les cristaux sont constitués d’atomes ordonnés. Cette organisation de la matière au niveau microscopique se remarque à notre échelle par ces dessins à la fois géométriques et organiques, qui génèrent une intense réflexion de la lumière. L'installation est constituée de cristaux de calcite, une des espèces minérales les plus répandue sur Terre. La structure atomique ordonnée des cristaux leur confère le pouvoir de réfléchir la lumière en éclats argentés. La lumière, renvoyée de tous côtés, donne à l’œuvre une beauté intrigante. Le dessin, entre l’aléatoire et le prédéterminé, est directement lié à la nature cristalline du minéral. Il fascine pour sa beauté intrinsèque, mais aussi pour les parallèles auxquels il nous invite à songer (givre, paysage enneigé, plumes, etc.).
Arborescences et formes dendritiques : on retrouve souvent ces mêmes dessins dans le travail de Léa Barbazanges, qu’il soit d’origine végétale, animale, ou minérale comme dans l’œuvre Cristaux. Il est l’empreinte de l’eau, la trace du liquide qui a formé la matière. L’eau est à l’origine de ce graphisme remarquable, comme une empreinte de vie. C’est ce qui crée la beauté graphique dans cette œuvre.
"J’emploie dans mon travail artistique des matériaux organiques, car je veux parler du vivant, de la vie de chacun. J’emploie aussi le minéral, constituant indispensable de la Terre qui a joué un rôle essentiel dans l’apparition du vivant, et qui participe toujours aujourd’hui au maintien de la vie sur Terre."
MicaPenrose, réalisé en collaboration avec Sylvain Ravy, chercheur au CNRS, représente un quasicristal avec des tuiles faites d'un cristal périodique, le mica. C'est ce minéral qui scintille dans le sable ou les galets. Les couleurs, qui reprennent la palette de celles des bulles de savon, sont dues aux propriétés optiques du mica et changent en fonction du déplacement du spectateur. En vision latérale la couleur naturelle du minéral apparaît. Le motif - un pavage de Penrose - permet de modéliser la structure atomique d’un quasicristal d’alliage d’aluminium, dont la découverte a été récompensée par le prix Nobel de chimie 2011. Le cadre de MicaPenrose est lui-même réalisé en alliage d'aluminium. La découverte du quasicristal a bouleversé les idées que les scientifiques se faisaient de l'ordre dans la matière.
Projet développé avec Sylvain Ravy, chercheur au CNRS, avec le soutien de Diagonale Paris-Saclay, la Région Grand Est et l'expertise de Denis Gratias, membre de l'Académie des sciences.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
Léa BARBAZANGES
FRANCE

Léa Barbazanges est née en 1985 à Rennes. Elle vit et travaille à Strasbourg. Elle est diplômée de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2009. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles, telles qu'en 2014 à la Galerie Xippas à Paris ou au centre d'art à Ekaterinbourg (Russie) en 2017. Elle a aussi participé à des expositions collectives, parmi lesquelles N’oublions pas que le vertige se prend sur les hauteurs à la Kunsthalle de Mulhouse (2010), Au fil des araignées au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, ou encore au Musée Hurrle à Durbach en Allemagne.
En 2013, elle participe au 58ème Salon d’art contemporain de Montrouge parmi 70 artistes émergents. L’année suivante, elle part en résidence en Corée du Sud. En 2014, elle présente également son travail au Domaine Pommery (Reims) dans le cadre de l’Expérience Pommery #12. En 2016 et 2017, elle participe au salon du dessin contemporain Drawing Now au Carreau du Temple à Paris et est à la Cité Internationale des Arts à Paris. Lauréate du programme “Hors les murs” de l’Institut français, elle réalise en juillet 2017 une résidence artistique à Satka, en Russie.
En 2018, elle fait partie de l’exposition collective L’impermanence à la Fondation Fernet-Branca à Saint-Louis (Alsace), participe au Voyage à Nantes avec Particules et à la saison 2 du Centre d'art contemporain Les Tanneries à Amilly.
En novembre 2019, elle expose au Festival Arts et Sciences CURIOSITas organisé par l’Université Paris-Saclay à Massy, en collaboration avec Sylvain Ravy, directeur du Laboratoire de Physique des Solides de l’Université Paris-sud et chercheur au CNRS. En 2020, elle sera notamment en résidence au château de Monbazillac et expose, sur invitation de COAL, à la Halle aux Sucres de Dunkerque. Son travail sera présenté dans l'exposition L'œil de Huysmans : Manet, Degas, Moreau au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg.
LEA BARBAZANGES