Démarche artistique
Son expérience à Aubusson d’une tapisserie qui mettra six mois de travail pour apparaître, traduit bien cette complexité qui enchevêtre une esquisse de figuration plate avec les nœuds les plus épais d’un drame inconnu.
Le travail de Joël Andrianomearisoa s’est développé au fil du temps au travers de différents médiums et matières. Ces dernières années, ses créations sont souvent réalisées à partir de textiles, de papiers, parfois du bois, des minéraux, ou bien à partir d’objets inattendus (miroirs, parfums, emballages, tampons…) avec lesquels il réinvente le magique et provoque l’émotion.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
Il grandit pendant la révolution socialiste et commence sa formation dans une école de dessin. Il hésite ensuite entre les beaux-arts et le design, avant de s’inscrire à l’École Spéciale d’Architecture de Paris en 1997. Il fait la connaissance de Jean-Loup Pivin, architecte et fondateur de la Revue Noire, un trimestriel spécialisé en art contemporain africain, et de Simon Njamin, écrivain et critique d’art camerounais influent sur le continent. L’une de ses performances fera la couverture de la Revue Noire dès septembre 1997. En 2005, il obtient son diplôme d’architecture sous la direction d’Odile Decq, dont il partage le goût pour la couleur noire et l’idée que cette discipline est à refonder, trop souvent bloquée par un cadre institutionnel strict peu propice au changement. Il présente un projet atypique mêlant graphisme et textile. Selon lui, le tissu est un médium universel.
Avec d’autres artistes pionniers de l’art contemporain malgache, il contribue activement au développement culturel de son pays (meilleur jeune talent au premier salon de la mode, Manja, en 1996, exposition Parlez-moi en 2015…). Pour l’exposition collective 30 et Presque-Songes en 2011, il réunit ainsi 30 artistes à la Maison Revue Noire à Paris. En 2016, à l’occasion de la 35ème foire d’art contemporain ARCO Madrid, il obtient le 4ème prix Audemars Piguet pour son travail, Le Labyrinthe des Passions. Il devient ainsi le premier artiste non Espagnol à recevoir ce prix. Son projet est un diptyque composé d’une grande pièce en papier de soie blanche et de son jumeau noir qui laissent entrevoir différentes émotions : mélancolie, passion amour, nostalgie. Cette réflexion porte sur l’opposition entre lumière aveuglante et obscurité totale, qui sont en réalité animée par les mêmes forces. La volonté de l’artiste est de présenter une œuvre qui “n’est pas une méditation mélancolique sur l’amour et la perte, mais une reconnaissance puissante de la possibilité de rester en vie au milieu de forces cruelles et brutales”.
En 2019, Joël Andrianomearisoa a représenté Madagascar à la 58ème Biennale de Venise, et ses œuvres ont été exposées dans des institutions internationales de premier plan, notamment au MAXXI, à Rome (2018), à la Hamburger Bahnhof, à Berlin (2010), au Smithsonian National Museum of African Art, à Washington DC (2015) et au Centre Pompidou, à Paris (2005). Son travail se retrouvera au Palais de Tokyo, Paris (octobre 2021), MACAAL, Marrakech (février 2022) et Zeitz MOCAA, Cape Town (2022). Joël Andrianomearisoa a également inauguré deux sculptures publiques à Antananarivo en octobre 2021.
Ses oeuvres font parties d’importantes collections internationales, notamment le Smithsonian (Washington DC), le Studio Museum in Harlem (New York), la Collection Yavarhoussen (Antananarivo) et le Musée Sztuki (Łódź).
Joël Andrianomearisoa est également le directeur artistique de Hakanto Contemporary, un espace indépendant à but non lucratif pour les artistes à Antananarivo, Madagascar.
Joël Andrianomearisoa est représenté par les Galeries Rx (Paris), Sabrina Amrani (Madrid) et Primo Marella (Milan).