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Saison d'art 2012

Éric Poitevin

"Nature morte"

Démarche artistique

"Le temps n’existe qu’à travers l’expérience des choses... Je serais tenté de penser qu’il n’existe pas en fait. Plus que le temps, c’est l’expérience qui existe. Je crois que l’on est en modification perpétuelle; nous sommes des récepteurs.Fragments d’un abécédaire, extrait d’entretien avec Pascal Convert, 1997.
 
Depuis une vingtaine d’années, Éric Poitevin revisite à travers la photographie les différents genres de l’histoire de l’art : paysage, nature morte, portrait, nu. Il constitue ainsi des ensembles qu’il arrête et reprend à son gré. Qu’il s’agisse d’êtres humains, d’animaux ou de végétaux, l’artiste travaille selon une même démarche : dépouiller son sujet de tous ses artifices. L’absence d’expression, le cadrage serré, la lumière diffuse, le fond monochrome contribuent à offrir un point de vue le plus neutre possible. Chaque photographie se veut l’affirmation, d’un moment suspendu dans le temps. À première vue silencieuses, ses photographies instaurent malgré tout un dialogue avec le spectateur — c’est là toute la force paradoxale de ce travail. Par le choix de ses sujets (la forêt, l’animal, le corps dénudé), Éric Poitevin joue avec notre imaginaire collectif (ses peurs, ses fascinations, ses désirs). Pour cette exposition au Domaine de Chaumont-sur-Loire, Éric Poitevin présente des images inédites de natures mortes, animales ou végétales.

Repères biographiques

Éric POITEVIN
FRANCE
 
 
Éric Poitevin est né en 1961. Il vit à Mangiennes, dans un contexte bucolique, proche de celui de son enfance passée dans les sous-bois, les forêts et près des rivières. Thèmes récurrents de son œuvre, les éléments naturels occupent une place centrale sous des formes diverses : carcasses de chevreuils (1993), crânes "vus de dos" (1994), collection de papillons (1994), ou encore marécages (1987), sous-bois (1995), chevaux (1999-2000), arbres (1999-2000)… La composition de ses photographies, minutieuse et précise, peut représenter plusieurs mois d’attente et de préparation. Le choix du sujet comme celui du cadrage, le type de papier comme le mode de tirage : chaque étape compte. De cette rigueur naissent des images où l’essence des choses et des paysages semble atemporelle, tout à coup saisie dans sa plus intime fragilité. 

Collections publiques

Centre Pompidou, Paris
Collection Belgacom, Bruxelles, Belgique
Fonds cantonal d’art contemporain, Genève, Suisse
Fonds National d’Art Contemporain, Paris
FRAC Auvergne
FRAC Ile-de-France
FRAC Languedoc-Roussillon
FRAC Lorraine
FRAC Pays de la Loire
FRAC Poitou-Charentes
Fundaçao de Arte Moderna Contemporanea, Lisbonne, Portugal
MAC/VAL, Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, Vitry-sur-Seine
Maison Européenne de la Photographie, Paris
Mamco, Musée d’art moderne et contemporain, Genève, Suisse
MAMCS Musée d’Art moderne et contemporain Strasbourg
Mudam Luxembourg
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Musée de la Photographie, Charleroi, Belgique