Se rendre au contenu
Édition 2022 - Jardin idéal
24

Le jardin de Thélème

Festival International des Jardins

Le jardin

En 1534 paraît le roman Gargantua de François Rabelais. L’auteur y décrit l’Abbaye de Thélème, première utopie littéraire reposant sur ces mots : “Toute leur vie était organisée non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Ils se levaient du lit, quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait ; nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni à boire ni à manger, ni à faire autre chose. Ainsi l’avait établi Gargantua.”
Librement inspiré de cette œuvre, Le jardin de Thélème s’ouvre par l’injonction du héros, “Fais ce que voudras”. Franchir le seuil matérialisé par le mur de tuffeau revient à pénétrer dans le monde des idées. Les arches du cloître sont traversées par le paysage et envahies par la végétation. Les plantes médicinales y évoquent le carré des simples, cher aux abbayes médiévales. Les moines, humbles par vocation, élaboraient avec soin de petites parcelles d’herbes savamment choisies, pour leurs vertus thérapeutiques autant que culinaires.
L’idéal dépasse ici le bon vouloir. Il tient dans des symboles ténus et dans l’effacement des contraintes du temps et de l’espace. Le visiteur arpente, en quelque, sorte l’idée d’une abbaye, le jardin idéal étant là où chacun veut bien le trouver, dans la proximité des bancs de sables de la Loire et de sa lumière inspirante.

CONCEPTEURS

ATELIER DU RALLIEMENT -François MASSIN CASTAN, architecte-, Édouard MOULIN, architecte, Lucien PIGEARD DE GURBERT, illustrateur et architecte
FRANCE
 
 

François Massin Castan est un architecte français diplômé de l’ENSAP Lille et habilité à la maîtrise d’œuvre en nom propre à l’ENSA Nantes. Il engage sa pratique architecturale personnelle dès 2017 après diverses expériences professionnelles et collectives. Dans la continuité de son travail, il fonde en 2019 L’Atelier du Ralliement, lieu physique de réflexions et d’actions partagées ouvert sur son quartier situé Place du Ralliement à Nantes. À travers L’Atelier du Ralliement, François Massin Castan établit une pratique architecturale et territoriale basée sur une pluralité d’échelles abordées. Cette pratique navigue ainsi entre réalisations de scénographies et installations éphémères jusqu’à l’élaboration de stratégies urbaines et paysagères, en passant par des transformations architecturales contemporaines essentiellement sur des patrimoines existants. La fabrication de méthodologies d’interventions adaptées au contexte, le partage des connaissances entre acteurs d’un projet, ainsi que la recherche expérimentale de mises en œuvre et processus ancrés dans le réel sont au cœur de cette démarche sensible et collaborative. François Massin Castan est primé au concours Europan 14 "Villes Productives" en 2017, et lauréat de la résidence "Dynamiques Territoriales en question" en Normandie menée par le Réseau National des Maisons de l’Architecture en 2019.

Après une enfance et adolescence en Touraine au bord de la Loire, c’est à Nantes qu’Édouard Moulin s’installe pour y suivre des études à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. Son amour pour les paysages ligériens s’y développe avec la découverte de l’estuaire, industriel et sauvage. Dans le cadre d’un programme universitaire il déménage à Belfast pour une année d’étude. La situation géopolitique et sa traduction géographique l’amène à rédiger un mémoire sur la marche. Dans cette ville fracturée par les murs, les détours y sont fréquents, et l’errance devient un protocole d’étude. La marche est un noyau autour duquel se lient d’autres passions comme la photographie ou la littérature. Il participe à des expositions photographiques pour lesquelles il expérimente les limites de l’agrandissement du format argentique standard. Ainsi les formats exposés atteignent un mètre par un mètre cinquante pour les plus grands. Ses photos mettent en avant l’aberrante beauté des transformations humaines sur son environnement. Aujourd’hui, architecte dans une agence nantaise, il s’attache à faire valoir son temps libre pour expérimenter dans différents domaines. En 2018, il fonde une micro-brasserie à Nantes avec François Massin Castan et continue ses travaux photographiques.

Lucien Gurbert est illustrateur vivant et travaillant à Bruxelles. Issu de l'école de design d'Amiens, diplômé d’État de l’école d’architecture de Nantes en 2017, il publie ses premiers récits en autoédition à partir de 2015 au sein du collectif Radio as Paper puis dans la revue Bento dès 2018. Il illustre régulièrement pour les studios d’architecture et pour la presse, notamment dans Revue Pli, Zola, Le Monde et chez Robert Laffont. Ses récits et images prennent racine dans la réalité concrète de notre monde contemporain, déchiré entre beauté et absurdité, et s'attache, dans une démarche parfois surréaliste, à faire surgir le fantastique du trivial. L’environnement façonné par l’Homme, les déchets, les rêves sont des thèmes récurrents dans son travail. En tant qu’architecte, il travailla sur des projets de réhabilitation du patrimoine moderne et médiéval, ainsi que sur des projets d’urbanisme dans la région de l’estuaire de la Loire. Lors de son cursus universitaire, il est l’auteur d’un mémoire sur les dérives sécuritaires de l’urbanisme occidental. Il participe en 2013 à l’exposition collective l’Art Chemin Faisant à Pont-Scorff en proposant une œuvre visuelle et sonore. En 2021, il est lauréat de la résidence Art dans les Cités organisée par le festival de la bande dessinée de Saint-Malo et exposé dans le cadre de celui-ci.

Jardin parrainé par

JARDIN RÉALISÉ AVEC LE CONCOURS DE

Carrières Maquignon

THE architectes

Sur le web